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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 18:34

Procès de l'affaire de la dioxine à Albertville 7000 vaches abattues, et peut-être un bouc émissaire...

En 2001, au terme d’une longue pollution à la dioxine, on fermait l’incinérateur de Gilly. L’affaire fit grand bruit, bien au-delà du département. Mais le procès qui s’ouvre ce matin, à Albertville, risque fort d’accoucher d’une souris. Archives Le DL

En 2001, au terme d’une longue pollution à la dioxine, on fermait l’incinérateur de Gilly. L’affaire fit grand bruit, bien au-delà du département. Mais le procès qui s’ouvre ce matin, à Albertville, risque fort d’accoucher d’une souris. Archives Le DL

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  • En 2001, au terme d’une longue pollution à la dioxine, on fermait l’incinérateur de Gilly. L’affaire fit grand bruit, bien au-delà du département. Mais le procès qui s’ouvre ce matin, à Albertville, risque fort d’accoucher d’une souris. Archives Le DL
  • En 2001, au terme d’une longue pollution à la dioxine, on fermait l’incinérateur de Gilly. L’affaire fit grand bruit, bien au-delà du département. Mais le procès qui s’ouvre ce matin, à Albertville, risque fort d’accoucher d’une souris. Archives Le DL

L’accueil des Jeux olympiques, en 1992, avait donné à la vallée le “goût de l’excellence”. C’est au moins ce qu’on peut lire sur les plaquettes promotionnelles. Il semble pourtant que le mot d’ordre ne soit pas parvenu jusqu’à l’incinérateur de Gilly-sur-Isère, dans les faubourgs d’Albertville. Le site traite les ordures ménagères des communes alentours, mais aussi des stations de ski environnantes. L’hiver, en Tarentaise, les déchets font boule de neige. Exploitée par la société Novergie, l’usine de Gilly encaisse le choc. Quitte à s’affranchir, beaucoup, des normes législatives et réglementaires. Au fil des ans, chacun paraît s’en accommoder, à commencer par le propriétaire. A savoir le SIMIGEDA, syndicat mixte intercommunal présidé par Albert Gibello, le maire d’Albertville. Les indispensables “mises en conformité”, sans cesse, se trouvent repoussées au lendemain. Tantôt pour des raisons économiques, tantôt pour des raisons politiques…

Une instruction tambour battant

Mais la coupe semble pleine, le 25 octobre 2001. Ce jour-là, Paul Girod de Langlade décide soudain de fermer l’unité. Constatant une grave pollution, le préfet de la Savoie a pris ses responsabilités. L’incinérateur rejette trop de dioxine dans l’air - 700 fois la dose autorisée, par moment ! Cette substance toxique se retrouve dans le lait des vaches qui paissent à proximité. Plus personne ne peut prendre l’histoire à la légère, ni tenter de l’escamoter. Près de 7000 bêtes seront abattues, application (tardive) du principe de précaution. 24 tonnes de produits laitiers “passent à la trappe“, et 8500 tonnes de foin contaminé.

Il n’y a pas que les vaches. On évoque, dans les villages voisins, une augmentation statistique du taux moyen de cancers. Les habitants de Grignon, avec une étonnante concentration rue Louis Berthet, seraient particulièrement touchés. Assez pour ne pas croire à une coïncidence. Des dizaines de citoyens, regroupés en associations, portent plainte. Hélène Lastera, partant sur des “homicides involontaires”, va mener l’instruction. Un peu trop énergiquement, au goût de certains. Elle n’hésite pas à mettre en cause les préfets, les politiques et à auditionner trois ministres de l’Environnement. Ni à s’opposer, en 2005, à un dessaisissement au profit d’une juridiction spécialisée. Surprise, la cour de cassation lui donne raison ! La jeune juge y gagne ses galons médiatiques, mais l’affaire se dégonfle bientôt à vue d’œil.

L’ultime dérobade des élus locaux

“Dans l’état actuel de la science, rien ne permet d’établir une relation certaine entre dioxine et cancer” estiment les experts médicaux. Les pathologies observées autour de l’incinérateur sont un fait. Mais le lien de causalité avec les fumées polluantes reste hypothétique… Du coup, la “mise en danger de la vie d’autrui” ne tient plus. Hélène Lastera doit se résoudre à prononcer des “non -lieux” en cascade. Tout ça pour ça ? L’énorme “scandale sanitaire” vient de se réduire à un petit délit écologique. On imagine facilement le désarroi et la colère des riverains souffrant de graves maladies.

Ce matin, devant le tribunal, seule la Novergie comparaîtra sur le fond du dossier. L’entreprise risque une simple amende, pour “exploitation irrégulière d’une installation” au mépris de l’environnement.” Elle renvoie la balle aux autorités, alertées par ses soins à plusieurs reprises. Mais le SIMIGEDA, ultime coup de théâtre, échappe aux poursuites. Le syndicat intercommunal a été dissous, par arrêté préfectoral, le 31 décembre 1999. Soit trois mois après son renvoi en correctionnelle ! M e François Saint-Pierre, trouvant la ficelle un peu grosse, a déposé plainte pour “entrave à la justice et manœuvre frauduleuse.” Voilà qui promet un climat électrique à l’ouverture de l’audience. D’autant que M e Thierry Billet, au nom des parties civiles, ne désarme pas. L’avocat annécien réclame que soient entendus, sur citation directe, Albert Gibello et le préfet Pierre-Etienne Bisch. Sinon, sans élu ni haut fonctionnaire, le “procès de la dioxine” risque fort de ressembler à un marché de dupes…

par Gilles DEBERNARDI le 29/11/2010 à 05:00

Mis à jour il y a environ 19 minutes

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Source : http://www.ledauphine.com/isere-sud/2010/11/28/affaire-de-la-dioxine-a-gros-scandale-petit-proces

 

 


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Published by Sans Nature pas de Futur - dans Articles de presse
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