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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 16:25

 

ENVIRONNEMENT.

Les riverains d'industries à risques ne sont pas assez protégés

Les centaines de milliers d'habitants qui vivent près de sites très dangereux sont-ils assez protégés ?

Non, répond la plus grande association écologiste de France, qui lance ce matin une pétition.

 
14.10.2010
Trente et un morts, 2500 blessés, 2 milliards d'euros de dégâts matériels, des maisons soufflées et des murs lézardés à plusieurs kilomètres à la ronde… Au lendemain de l'explosion de l'usine AZF à Toulouse, le 21 septembre 2001, l'Etat décide de mettre en place dans les zones classées Seveso des plans de prévention des risques technologiques (PPRT) pour protéger les riverains. Un énorme chantier, qui concerne plus de 900 communes. Or, neuf ans après la catastrophe de Toulouse, 335 PPRT sur 420 ont été prescrits… mais 55 seulement ont été approuvés. L'association France Nature Environnement (FNE) s'inquiète de ce retard et lance aujourd'hui une pétition en ligne (www.fne.asso.fr) « pour demander une vraie protection des populations face au risque industriel ». « Dans les faits, rien n'a changé autour des sites Seveso et un nouvel AZF peut se produire demain matin », dénonce Marc Senant, chargé du dossier à FNE. Zones potentiellement mortelles Le directeur général de la prévention des risques au ministère de l'Ecologie affirme au contraire que « de nombreux travaux ont été effectués pour réduire les zones de risques autour des sites Seveso ». « Les contrôles de l'Etat ont notamment été renforcés pour mieux prévenir le vieillissement des installations », ajoute Laurent Michel. Les PPRT prévoient qu'aux abords de ces sites industriels ultrasensibles, les préfets doivent cartographier — comme ils le font actuellement pour les sinistrés de la tempête Xynthia survenue l'hiver dernier en Vendée — les périmètres jugés dangereux pour les habitants. Dans ces zones potentiellement « mortelles », l'Etat est censé procéder d'urgence aux expropriations des riverains. « Si les PPRT sont faciles à déployer dans des zones peu habitées, il en est tout autrement pour ce qui concerne les communes peuplées », note l'Association nationale des communes pour la maîtrise des risques technologiques majeurs (Amaris), qui regroupe 230 collectivités. « Que faire lorsqu'une ligne TGV traverse une raffinerie ou lorsqu'une des autoroutes les plus fréquentées de France traverse le couloir de la chimie au sud de Lyon? Et quelle solution envisager lorsque le niveau d'exposition au risque suppose d'exproprier tous les habitants d'une ville? » s'interroge l'Amaris, qui juge la loi de 2003, à l'origine des plans de prévention, « inapplicable ». Depuis cette date, l'Etat incite les industriels à moderniser leurs usines pour réduire le cercle de danger en cas d'accident. « C'est plus avantageux pour tout le monde car en diminuant le risque, on réduit le coût lié à d'éventuelles expropriations », souligne Laurent Michel. « Le coût des expropriations est tellement élevé que les industriels, l'Etat et les collectivités freinent des quatre fers pour payer et cherchent à tout prix à réduire la taille des périmètres dangereux, souligne Marc Senant, de FNE. On est passé dans certaines communes de zones à risques qui englobaient tout le village à seulement quelques mètres autour du site Seveso. » Président d'une association de défense de riverains de Salindres (Gard), Henri Allard estime que le PPRT envisagé dans la commune bordée par plusieurs sites Seveso ne protégerait pas suffisamment la population en cas d'accident chimique majeur. « Avec la modélisation retenue, on nous certifie que le nuage toxique s'arrêterait quasiment à la clôture de l'usine… comme à Tchernobyl. »  
 

Le Parisien

Cet article a été publié dans la rubrique Société

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Published by Sans Nature pas de Futur - dans Articles de presse
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