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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 17:54

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Les producteurs de ciment font des profits records sur le marché du CO2

 

C'est un effet paradoxal de la crise économique : en 2010, les gros producteurs de ciment s'apprêtent à engranger des profits records sur le marché européen du CO2. Sur les neuf premiers mois de l'année, la vente de certificats d'émission de carbone leur a déjà rapporté 260 millions d'euros, soit 8% de leurs résultats opérationnels, rapporte l'agence de notation financière Moody's dans une note récente. Ces bénéfices exceptionnels devraient être encore plus élevés au quatrième trimestre.

La production européenne de ciment s'est nettement réduite cette année avec le ralentissement économique. Mécaniquement, l'industrie a rejeté moins de dioxyde de carbone qu'en période faste d'activité. Et a donc moins puisé dans la réserve de quotas de CO2 qui lui a été allouée gratuitement en 2008. Résultat : elle a pu revendre davantage de tonnes de CO2 inutilisées, et encaisser des profits substantiels, comme le montre le graphique de Moody's ci-dessous. En vert, sont indiquées les recettes tirées en septembre 2009 des certificats de carbone, en orange leur niveau en 2010.

 

 

Profits du CO2 en pourcentage des résultats opérationnels © Moody's
Profits du CO2 en pourcentage des résultats opérationnels © Moody's
 

 

Parmi les principaux bénéficiaires de ces opérations, on trouve le français Lafarge, les italiens Italcementi et BuzziUnicem, ou encore le suisse Holcim. «Pour les cimentiers, ces surplus de CO2 sont un bon moyen de se dégager de la trésorerie au moment où ils en ont besoin», explique Matthias Hellstern, analyste à Moody's.

Le ciment n'est pas le seul secteur à profiter de ce marché du carbone en période de crise économique : «L'industrie de l'acier bénéficie aussi de surplus de quotas, mais moins que l'année dernière.» En 2009, c'est le secteur des raffineries qui s'est retrouvé avec un excédent de 7,5 millions de tonnes de quotas, du fait de la forte baisse de la production du secteur. Autre exemple, le secteur du verre est excédentaire depuis 2008.

Il est malheureusement difficile de savoir précisément qui rachète ces tonnes de CO2: les entreprises allocataires les vendent sans savoir à qui. Les transactions se passent la plupart du temps en quelques secondes. Mais selon les experts, ce sont les fournisseurs de services énergétiques (électricité, gaz...) qui en sont les probables acheteurs.

 

 

CO2 invisible
 

Ces chiffres tombent à pic alors que se tient jusqu'au 10 décembre le sommet de l'ONU sur le climat à Cancún (lire ici). L'un des enjeux des négociations est d'établir de nouvelles règles de contrôle d'émissions des principaux pays émetteurs (Chine, Etats-Unis, Union européenne...). Or, en pleine crise économique et financière, les Etats sont prompts à brandir l'argument de la nécessaire protection de leurs industries et de leurs emplois pour refuser les contraintes écologiques.

Les données compilées par Moody's démentent le risque de perte en compétitivité que la prolongation des exigences du protocole de Kyoto ferait courir aux industries européennes du ciment. Contacté par Mediapart, le groupe Lafarge explique «revendre au fil de l'eau», tout au long de l'année, ses excédents de carbone. L'année dernière, ils lui ont rapporté 142 millions d'euros!

Le système actuel d'allocations des quotas de CO2 court jusqu'en 2012. A partir de 2013, il sera amplement modifié. Les droits d'émission vont petit à petit devenir payants. Cette réorganisation a fait l'objet d'intenses discussions entre pays européens. En octobre, la Commission européenne a communiqué aux Etats membres une proposition de règles harmonisées d'une allocation toujours gratuite de droits d'émission, dites «benchmark» (lire ici). Les secteurs considérés comme les plus exposés à la concurrence internationale bénéficieront de contraintes allégées.

L'année dernière, un rapport de l'ONG britannique Sandbag avait déjà mis les pieds dans le plat (lire ici) : les entreprises qui ont le plus gagné d'argent sur le marché européen du CO2 en 2008 sont aussi les plus polluantes. En tête du palmarès, figurent le producteur d'acier ArcelorMittal et le cimentier Lafarge, qui font partie des cinq plus gros émetteurs de gaz carbonique en France. En 2008, ces deux groupes ont respectivement engrangé 14,4 et 4,2 millions de tonnes de droits d'émission de CO2, soit l'équivalent de 202 millions et 59 millions d'euros (au cours actuel d'environ 14 euros la tonne). Selon le bureau d'études spécialisé Carbon market data, les cimentiers ont fini l'année 2009 avec environ 14 millions de tonnes de CO2 de surplus, soit l'équivalent d'environ 200 millions d'euros.

Lafarge s'est récemment fait interpeller par les ONG écologistes qui l'accusent, au côté de GDF-Suez, Basf et Bayer, de financer les réseaux climato-sceptiques américains (lire ici).

Mais il est très ardu de suivre le devenir de ces quotas non émis : rien n'oblige les entreprises à déclarer le volume de certificats d'émission de CO2 dont elles disposent, tant qu'elles ne les vendent pas. Cette opacité a été dénoncée l'année dernière dans un rapport de l'agence Moody's. Tant qu'ils ne font pas l'objet d'opérations monétaires, les surplus de CO2 demeurent invisibles.

 

Lire Aussi

Source  : http://www.mediapart.fr/journal/international/031210/les-producteurs-de-ciment-font-des-profits-records-sur-le-marche-du-co2

 

Commentaires

 

 

Vendre un bon prix ce que l ' on ne produit pas . Du grand art . Nous vivons un monde moderne . A quand le même système pour les camions ? 

Plus on produit plus on gagne, moins on produit plus on gagne... C'est donc cela qu'on appelle le win-win !  

Bon, je vais m'empresser de faire des stocks d'air dans ma cave avant qu'on nous le fasse payer...  

REVENDRE des droits à polluer!!!MAIS vraiment nous sommes dans un monde tellement cupide et cynique,que finalement il faut des catastrophes à répétition,pour que peut-être la connerie humaine recule!!!!! 

Personnellement, je ne connais pas un seul exemple où l'on a arrêter quelquechose avant que la catastrophe commence, bien qu'on la voyait venir depuis longtemps. Ça doit être une constante de la nature humaine : Homère en parlait déjà dans l'Illiade avec les visions de Cassandre.

Dès 2005, je lisais des articles et des livres qui décrivaient dans les détails la crise des subprimes qui éclaterait finalement en 2007. Cette crise, je l'ai vu venir dans un océan de dénis. Mais là ce n'était que de l'économie, quelquechose que l'on peut résoudre par notre simple volontée (si nous en avions une). Avec la crise écologique, on ne négociera pas avec la nature, elle sera implacable.  

 

La nature sera implacable

sauf qu'elle l'est déjà et avec des "innocents" peut être seulement responsables de passivité? 

J'imagine qu'avec cette somme ils en profitent même pas pour rendre leurs usines moins emmetrices en CO2, ça leur rapporte tellement...  On marche sur la tête ! 

@Apertone

 

ça, c'est un sujet d'enquête, que je n'ai pas encore faite.

Les pays pauvres vendent le surperflu ...

Mais de l'autre coté ca les a aparemment poussé à mettre (un peu) plus d'argent dans la recherche de moyens plus économiques en énergie et moins polluants pour leur production. (pour répondre à la boite noire)

L'écologie coûte cher tout comme la sécurité.Il faudra du temps et des amandes pour convaincre les industriels à ne plus polluer.

Les normes de rejet de gaz à l'atmosphère existent , il faut que le législateur soit plus précis et oblige les industries à présenter un plan de réduction de gaz.

Il faut savoir que les industries cimentières touchent de l'argent pour bruler toutes les cochonneries dans leurs fours.

Que ce soit des eaux lourdes parfumées, des pneus, et même des farines animales !!!

C'est du gagnant gagnant.

J'espère que Mediapart me pardonnera de faire un lien vers un autre site d'information (pour lequel je travaille) : myeurop.

http://fr.myeurop.info/2010/11/29/droits-a-polluer-le-grand-...

et : http://fr.myeurop.info/2010/12/01/quand-les-groupes-chimique...

Ces deux articles (mais, ils ne sont pas les premiers) montrent comment le marché européen du CO2 a été perverti par/à cause d'un produit nommé HFC 23. Près de la moitié des certificats d'émission de carbone (CER) sont en fait des crédits "bidons". En résumé, détruire du HFC 23 donne droits à des CER revendus sur le marché, mais des industriels ont accru artificiellement leur production juste pour pouvoir le détruire. En parallèle, de grands groupes européens (Rhodia, Enel, RWE...) ont pu financer à bas coût leur surplus d'émissions de CO2 en pariant sur ces programmes de destructiondu HFC 23.

Il s'agit là d'une dérive presque mineure du marché européen du carbone, mais qui porte sur des sommes considérables. Et, explique les difficultés de l'UE à bannir ce produit de son marché (la Commission vient de le proposer, mais certains Etats membres font pression).

 Damien Dubuc

 

Jade L

Votre démarche me paraît si utile et instructive que j'attends d'autres précisions de votre part,si vous pouvez ...

Ces histoires de CO2 sont ,me semble-t-il, à éclairer complètement ,si possible!

Merci pour ces articles!

 

Merci pour cet article qui démontre bien les contradictions apparentes entre les "bonnes intentions" de l'UE, les actes de l'industrie lourde et la réalité du marché des CER.

Il ne faut cependant pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Les négateurs du Réchauffement Climatique et zélateurs du laisser polluer exploitent ces  nouvelles pour dire que la régulation des émissions est une arnaque.

Je me souviens de la précédente fraude à la TVA sur les CER dans l'UE qui a permis de détourner plus de 5 milliards d'euros en 2009 (Je crois que Jade Lindgaard en a déjà fait un article mais ne me souviens plus lequel). Les mécanismes alors utilisés sont désormais verrouillés par les autorités européennes.

Ce qui est décrit dans cet article est transitoire:

 Si des surplus d'émission existent par rapport aux quotas, ceci tendrait à prouver que nos industriels sont vertueux puisqu'ils ont réduit plus rapidement que prévu leurs émissions.

Ou cela démontre que les quotas ont été mal calculés par nos législateurs et que les industriels n'ont aucune difficulté à les remplir, et en font même une source de revenus.

En toute logique, cela devrait nécessairement permettre à l'UE de réduire ces quotas car l'objectif est de  réduire plus massivement les émissions réelles de GES.

@Damien Dubuc

Quel sont les pays qui s'opposent  à cette régulation de l'UE ?

 

@bfred9

Merci de votre commentaire. En effet, le mode de fonctionnement actuel du marché européen du CO2 est transitoire, puiqu'à partir de 2013, ce ne sont plus les Etats qui attribueront leurs stocks de quotas aux industries mais la Cmmission européenne, sur la base des émissions des industries les plus performantes, cad le splus économes en carbone. Et ils vont devenir petit à petit payants. Les efets d'aubaine devraient, normalement, fondre. 

Cela dit, on remarque aussi que jusqu'ici, c'est la crise économique, et donc la baisse d'activité, qui engendre une baisse des émissions, et non l'amélioration de la performance énergétique des sites. A noter aussi, que la bourse américaine locale du carbone (sise à Chicago) vient de fermer car le cours du CO2 était tombé à ... 0 euro, du fait de l'éloignement ad vitam du projet de loi "cap and trade". 

 

La réduction de la voilure s'impose de toute façon car notre économie (surtout la construction immobilière, bon fournisseur de GES) s'est dopée à  la dette jusqu'à cette crise. De même , notre industrie lourde est doucement relocalisée dans les pays à bas coûts de main d'oeuvre et moins regardants sur les dégâts écologiques.

Comment peut on , dans une économie libérale, inciter  à réduire les
émissions ?

Des règlements , des contrôles, des incitations fiscales. Ou
la loi des marchés avec la titrisation des droits à polluer en donnant
une plus grande flexibilité aux entreprises pour s'adapter. 

Retrospectivement , toute l'activité anti réchauffement climatique prouve sa justification économique: décrédibiliser auprès des citoyens la véracité du réchauffement, couper l'herbe sous le pied des  rares politiques  qui mettaient en place une législation type taxe carbone,  finalement tuer les mécanismes de compensation (les marchés) existant.

Je pense que des taxes internationales sur le eCO2 manquent: une tonne de produit importée d'Asie en UE doit être taxée sur son impact écologique lors de la production et de son transport. Mais c'est très antilibéral et peut paraitre comme du protectionisme des pays plus conssommateurs que producteurs... les pays développés face aux pays exportateurs : la Chine, le l'Afrique, l'Amérique du Sud.

 Bon, restons optimistes et informés , les pays en fort développement subissent de plein fouet les dégats climatiques et écologiques. Leurs peuples doivent être informés sur les fondements de leur problèmes.  

 

Il semblerait que les grands groupes cimentiers fassent de gros efforts de recherche dans le domaine des liants hydrauliques ( ciments ) . Les procédés actuels de fabrication sont polluants ( co2 ) et voraces en énergie . C ' est aussi  une question de survie à  terme , la situation actuelle ne pouvant pas durer pour toutes sortes de raisons . Mais tout ça est très confidentiel , concurrence oblige .

 

Dans le nord isere, nous sommes sous influence de la cimenterie VICAT, classée au top des entreprises les plus polluantes en FRANCE ,et qui bien sur,passe pour un généreux mécène sponsorisant un bon nombre de fêtes, animations,associations ( notamment loparvi,laquelle gère 260 000euros donnés par le conseil général pour réhabiliter les 118 hectares de la sté VICAT, d'anciennes carrières!!) Il faut préciser, que notre région, est classée 2è en production de co2 en rhone alpes ,derrière TOTAL FEYZIN, voir lettre du prefet du 17.9.2009; suite à l'autorisation donnée à VICAT en 2006 ,de devenir un co incinérateur de déchets industriels dangereux.Donc, pour faire mieux, notre cimenterie est devenue une unité de valorisation énergétique, payée pour bruler des déchets industriels dangereux, trés pudiquement appelés combustibles secondaires!!!Ce qui ne change rien à la situation des personnes exposées aux rejets dans l'air des polluants cancérigènes. appellons un chat un chat!!!on s'habitue à tout et nous reprendrons bien un peu de co2!!A ce jour,pour nous empoisonner davantage,nos élus locaux,(pour la plupart obligés ou salariés de VICAT)ont donc accepté qu'un site CHIMIREC (tri transit stockage et prétraitement de + de 400 déchets industriels dangereux vienne s'installer à 400m de la cimenterie,dans une petite zone non qualifiée pour recevoir une installation classée comme CHIMIREC!! Directement du stockeur à l'incinérateur!!!!D'ailleurs, nous venons d'apprendre que la municipalité de Bouvesse Quirieu devait requalifier cette zone, fera t elle une enquete publique pour cela sachant de plus que cette zone est habitée par des tortues cistudes, en principe hautement protégées, mais quelle importance, monsieur JANVIER directeur du futur site CHIMIREC attend une dérogation du Ministère de l'écologie pour enfouir sous un mètre de terre ces pauvres bestioles et promet une  future mare écologique ultérieurement!!!J'oubliais de vous dire qu'à 8/9 km,nous avons une zone industrielle habilitée à recevoir des installations classées, encore 119 hect de disponibles sur 360 à terme, trés peu occupée et surtout loin de toute population!cherchez l'erreur!!! nos élus ont choisis leurs priorités : leurs interets et surtout leurs ambitions politiques en sacrifiant l'environnement, les ressources naturelles, la santé ect...... nous demandons de l'aide en urgence! merci pour les précieux conseils et appuis que vous pourriez nous fournir association: sansnaturepasdefutur38@gmail.com

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Published by Sans Nature pas de Futur - dans VICAT
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