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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 09:25

Nous mettons en ligne ce commentaire que nous avons reçu lors de l'émission de l'article du Canard enchaîné du 1er juin 2011.

A méditer !!!!

 

STUPEFACTION EN MAYENNE

Trois associations environnementales et d’agriculteurs réagissent.
Grez en Bouère : l’activité de la société APROCHIM va reprendre à plein régime alors que la pollution aux PCB qui frappe le secteur sévit toujours !

En pleine pollution aux PCB, l’Etat autorise, en l’absence de tout plan de surveillance et d’indemnisation des agriculteurs, la reprise de l’activité à plein régime de la société APROCHIM, qui est à l’origine de cette pollution. Après avoir joué le jeu de la concertation, une association d’agriculteurs locaux, Terre et Vie d’Anjou, et deux associations environnementales agréées, Entre Taude et Bellebranche et Mayenne Nature Environnement, n’acceptent plus d’être menées en bateau par l’industriel et l’Etat.

Depuis près 5 mois, agriculteurs et habitants vivent au rythme d’une pollution au PCB toujours non maîtrisée. Des agriculteurs ne peuvent plus vendre leur lait au gré des contrôles négatifs ou positifs qui alternent et alterneront encore longtemps. Des éleveurs de viande ayant pour la plupart fait le choix d’élevages extensifs privilégiant la qualité sont en cessation d’activité. Il en va de même pour les agriculteurs ayant fait le choix de la vente directe qui ont perdu la confiance de leurs clients. Tous ne savent plus ce que vaut encore leur outil de travail. De leur côté les habitants s’interrogent toujours sur l’impact de la pollution sur leur santé puisqu’aucune analyse humaine n’a été acceptée alors que l’AFSA a déterminé en 2010 des normes d’imprégnations critiques aux PCB.
C’est donc avec stupéfaction que les représentants d’ « Entre Taude et Bellebranche », de « Terre et Vie d’Anjou » et de Mayenne Nature Environnement, associations siégeant à la Commission Locale Information et de Surveillance (CLIS) de la société APROCHIM, ont appris ce jeudi 26 mai que l’activité de l’usine allait reprendre à plein régime.


Depuis début janvier, date de la découverte de la pollution, les trois associations avaient travaillé en concertation avec la Préfecture pour définir précisément l’aire géographique touchée, comprendre le processus de pollution du territoire, envisager les améliorations techniques permettant de concilier l’outil industriel et la protection de l’environnement, réfléchir à un protocole d’indemnisation des agriculteurs touchés et vérifier l’état sanitaire de la population.


Le 17 mai, l’étude commandée à INERIS (Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques) par la Préfecture, nous a enfin été transmise. Son verdict est sans appel. Les analyses menées par le cabinet Axe pour le compte d’APROCHIM depuis de nombreuses années et, récemment, dans le cadre de la pollution, n’ont pas été réalisées dans les règles de l’art et conduisent toutes à minimiser l’impact réel de la pollution. En conséquence de quoi l’INERIS refuse de valider le nouveau plan de surveillance proposé par la société APROCHIM.


L’INERIS fait aussi le constat que la baisse de 50% de l’activité d’APROCHIM décidée en urgence par la préfecture ne s’est traduite dans l’environnement local que par une baisse de 20% des retombées atmosphériques. En parallèle, les mesures de filtrage de fumée récemment testées se sont avérées inefficaces au point qu’il a été décidé que de nouveaux filtres seraient installés en mai et en juin.


En réalité, la pollution continue et n’a jamais été réellement contenue. C’est dans ces conditions, et malgré des entretiens réguliers que nous avions eus avec le sous-préfet qui ne laissaient rien présager que le Préfet donne l’autorisation de reprise de l’activité d’APROCHIM à 100% et ce :
- en l’absence de tout plan de surveillance validé par l’INERIS et la CLIS,
- en refusant toute évaluation de l’état sanitaire de la population,
- en laissant dans l’incertitude économique et financière près de 30 exploitations du secteur (et combien d’emplois indirects ?),
- en n’ayant pas pris le temps de tester à 50% dans la durée des filtres qui ne sont d’ailleurs pas encore tous installés.


Pour mémoire, au cours des cinq derniers mois 190 analyses auront été effectuées sur les animaux… et aucune sur l’homme. 80 salariés d’APROCHIM auront pu continuer à travailler quand plusieurs entreprises agricoles se sont vues mettre sous-séquestre ou ont été gravement perturbées dans la commercialisation de leurs produits.


Pour mémoire également, de graves affaires de pollution industrielle concernant le groupe CHIMIREC, propriétaire d’APROCHIM, qualifiées de « nouveau scandale environnemental », et incluant des procédures correctionnelles, défraient les chroniques dans la presse nationale.
Les associations et la CLIS ont cru un moment être une force de proposition. Ce n’est clairement pas le cas, et les décisions, malgré les apparences de dialogue ne sont prises qu’entre l’Etat et l’Industriel. Il nous faut donc agir différemment pour que soit assurée effectivement la protection des hommes et de l’environnement, dans un contexte de légitime défense.


D’une part, Entre Taude et Bellebranche a décidé de se porter partie civile afin d’avoir accès au dossier. D’autre part nos trois associations vont tout faire pour que l’activité d’APROCHIM ne puisse pas repartir à plein régime tant qu’un plan de surveillance n’aura pas été validé par l’INERIS et la CLIS, qu’un protocole d’indemnisation soit signé et que l’état sanitaire de la population ait fait l’objet d’une étude.


C’est plus que jamais aux élus et aux services de l’Etat de savoir trouver le juste équilibre entre la protection de l’emploi et de l’économie des communes touchées, et celle de la santé humaine de leurs populations et de la qualité de leur environnement.


C’est plus que jamais aux élus et à l’Etat de garantir que justice soit faite concernant le dédommagement de cette pollution, en particulier concernant les agriculteurs, mais aussi les habitants des communes.
Nous refuserons toujours qu’un aspect soit privilégié au détriment des autres.


Contacts :
Terre et Vie d’Anjou :
Jean-Marc Guesdon 02 43 70 50 82 – 06 22 53 84 48
Entre Taude et Bellebranche :
Jean Vauzelle : 02 43 70 84 05
Mayenne Nature Environnement
Didier Bâlon : 02 43 70 61 70

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Published by Sans Nature pas de Futur - dans L'Affaire Chimirec
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